Là où netro
découvre le mec
plus ultra... ![]()
Eh oui, ami(e)s urbain(e)s, les campagnes
bougent, s'agitent, se meuvent. Les jacqueries se mondialisent,
c'est une révolte planétaire des pastoureaux. Ils
sont venus, ils sont tous là, ( au fait, d'où vient
l'argent ?) , les nains de jardins, les nains des champs et les
nains des villes; les tenant(e)s des pis à laits; les demeuré(e)s
des marginalités pré - post - rétro-et- néo-
rurales; les erratiques de la conviction écolo;
les enragé(e)s de la diatribe anar; les dissimulé(e)s
de l'arrière pensée facho; les faux-culs -vrais-
cons (et vice versa) de la fiabilité aléatoire,
tellement bio; les claudiquants de l'évolution; les traîne-
sabots du progrès; les fans, fané(e)s, des subventions,
des aides et soutiens étatiques permanents obligatoires;
tous les laissés pour mécomptes aux bords des sentiers,
des champs, des routes, des rues, et dans les salles d'attentes
des utopies revanchardes; les terre à terre archaïques;
les férus passéistes obsolètes.
Donc, ami(e)s agnostiques ou athées (dieux mercis), parmi
tous les autres, nous voilà flanqués, en cette fin
du 20ème siècle chrétien, d'un nouveau messie.
Ce vieux militant cosmopolite impénitent de toutes les
causes "pour ceux qui sont contre et contre ceux qui sont
pour", s'était rangé de son agitation paranoïde
permanente dans une ruralité béate et une rusticité
quiète; parmi ses brebis, biquettes et ses ami(e)s, affidé(e)s
et séides, les cons-fédérés. A peine
quelques tonnes de fumiers, de fruits et légumes déversées
ici et là, pour dialoguer, quelques défilés
en villes d'ovins, caprins et bovins, pour leur changer les idées,
quelques blocages de routes et autoroutes afin d'obliger, pour
leur sécurité, les urbains partant en vacances à
prendre un peu de repos. La routine, quoi, le service minimum
de tout paysan soucieux de sa dignité.
Mais la vitupération, la rancoeur et la frustration n'étaient
qu'assoupies et, cédant aux pressions de ses brebis, dont
le lait n'a fait qu'un tour, révoltées par une taxe
américaine sur le roquefort en réponse aux refus
d'importer du boeuf aux hormones, nôtre libérateur
reprit sa pipe de pèlerin et s'ébranla, abandonnant
famille et travail suivant la tradition, pour aller prêcher
la bonne parole aux alentours, et mêmes ailleurs.
La réunion, à Seattle, de l'OMC était un
prétexte idéal, et les concentrations, alliances
et synergies, afin d'assurer un meilleur service planétaire,
entre les gros cupides qui s'en prenaient à nôtre
roquefort, furent des arguments puissants et goûteux. D'où
ces véhémences, ces indignations, ces lamentations,
ces jugements définitifs, ces expressions de bonne foi
surprise, pseudo- spontanés contre la mondialisation, durant
la manifestation préparée, financée et réalisée
par un milliardaire américain protégeant ses intérêts.
Avec les médias tv, radio, puis écrits, en guise
d'apôtres et de missionnaires, la planète découvrit
le petit José, bacantu et pipu, s'exprimant en français-anglais,
et brandissant un quart de roquefort en guise d'oriflamme. Tout
était dit et entendu, tout était montré et
vu, le libérateur et le symbole étaient là.
Les colosses de l'OMC, et les McDo, église de scientologie,
Coca-Cola et autres prétendants à l'évolution
naturelle et à la modernité, qui tiennent le haut
du pavé de la libéralisation, n'ont qu'à
bien se tenir, ils trouvent maintenant en face d'eux un nouveau
messie effervescent le
mec plus ultra le petit José qui
tient le haut de la bouse.
SI LE HAUT LE COEUR VOUS EN DIT "
A SUIVRE ".
depuis le 14 mars 2006